145, rue La Fayette

Au 145, rue La Fayette (Paris 10e arr)  se trouve un drôle d’immeuble :

 

Au premier coup d’oeil, rien d’étonnant:

  • une façade haussmannienne calée entre deux immeubles du même type…
  • des portes, des fenêtres et des balcons…
  • un mur de pierre…

Cependant cet immeuble est factice. Voici quelques indices:

  • absence de poignées, de volets, de boite aux lettres…
  • des fenêtres sales, jamais nettoyées et toujours ouvertes, quel que soit le temps…
  • un grillage visible tout de même à travers les fenêtres, en guise de plafond/sol, à chaque étage.
  • un grand mur sombre est aussi percevable à quelques dizaines de centimètres, à l’intérieur.
  • la vue du dessus via Google Map, laisse apercevoir un trou béant caché par une mince façade. (Notons cependant que le vice a été poussé au point de faire construire une façade arrière, contre les regards curieux des voisins).
  • Pour finir, précisons que les habitants du quartier ne virent jamais quelqu’un franchir cette façade…

=> En effet, il s’agit là d’une façade construite pour dissimuler un étrange secret. Certain y voit là, l’entrée de la « Gueule des Enfers ».

 

 

Voici l’extrait du Pendule de Foucault par U. Eco :

« (…) N’avez-vous jamais été au numéro 145 de la rue Lafayette?

 —-J’avoue que non.

 —-Un peu hors de portée, entre la gare de l’Est et la gare du Nord. Un édifice d’abord indiscernable. Seulement si vous l’observez mieux, vous vous rendez compte que les portes semblent en bois mais sont en fer peint, et que les fenêtres donnent sur des pièces inhabitées depuis des siècles. Jamais une lumière. Mais les gens passent et ne savent pas.

-Ne savent pas quoi?

 —-Que c’est une fausse maison. C’est une façade, une enveloppe sans toit, sans rien à l’intérieur. Vide. (…) Et quand vous le comprenez, vous avez l’impression d’être devant la gueule des Enfers; et que seulement si vous pouviez pénétrer dans ces murs, vous auriez accès au Paris souterrain. Il m’est arrivé de passer des heures et des heures devant ces portes qui masquent la porte des portes, la station de départ pour le voyage au centre de la terre. Pourquoi croyez-vous qu’ils ont fait ça? »

Umberto ECO, Le Pendule de Foucault, 1988

Le mystère est plus passionnant que la révélation hélas ; En effet, tout ceci n’a de but que de dissimuler une géante bouche d’aération du métro, sorte de cheminée. Appartenant à la RATP, elle sert donc à évacuer et à aérer les émanations du monde souterrain qu’est le RER et Métro. Et comme la vue d’une énorme cheminée n’est pas très  » fashion » en pleine rue La Fayette, grande artère de Paris, la RATP décida de faire élever un pan de mur avec porte, fenêtres et balcon ouvragé…

Il semblerai que ce procédé soit reproduit un peu partout dans la ville ; Il ne me reste donc plus qu’a aller les découvrir…

Petite interrogation pourtant :

Pourquoi avoir tenté de cacher cette chose banale, en imitant les immeubles voisins, en faisant même une façade arrière avec des fenêtres et décors. Une simple bouche d’aération légèrement masquée n’aurait-elle pas suffit ?

Je vous laisse sur ce doute…


One Response to “145, rue La Fayette”

  • Ronan LVE Says:

    Je m’arrête souvent devant cet immeuble et je pense à ce qu’il y a derrière. La porte du « garage » est fausse, mais pas la porte d’entrée. J’aimerais la franchir.
    J’ai longuement cherché les autres immeubles parisiens de ce type mais je n’en ai pas encore trouvé d’autres.
    Le métro est fascinant, avec ses stations fantomes et autres cheminées et accès cachés…

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